EDDA poétique S1E06 : Le Chant de Harbard

EDDA poétique S1E06 : Le Chant de Harbard

Voici le récit d'un dialogue des plus farfelus entre deux personnages qu'on ne présente plus, ce bon vieux Thor, le dieu des orages et son pote d'enfance Odin, le tout-puissant, qui avait pris ce jour-là le nom de Harbard, l'éternel vagabond. Un drôle de bazar entre ces deux zigotos, je vous le dis.

Thor était là, d'un côté d'une rivière aussi large que la Manche, les muscles tendus et le visage rougeaud, hurlant comme un forcené pour que quelqu'un le fasse traverser. De l'autre côté, Harbard, qui se payait une bonne tranche de rigolade, faisait traîner l'affaire, lançant des vannes plus cinglantes les unes que les autres. Une sorte de match de ping-pong verbal, avec pour terrain un fleuve tumultueux.

Harbard, le gars qui a du bagout, se lance et ne se gêne pas pour descendre en flèche le dieu des tonnerres. Le pauvre Thor, ça le rendait dingue, et il répliquait du tac au tac, menaçant de faire sauter le crâne de ce foutu passeur d'eau.

S'ensuivait alors une battle de rap à la sauce viking. Harbard se vantait de ses exploits amoureux et guerriers, il se pavanait, jouait avec les nerfs de Thor, il le faisait tourner en bourrique. Odin, ce vieux renard, savait comment appuyer là où ça fait mal. Il n'était pas tendre avec son interlocuteur, se moquant de ses défaites, de ses faiblesses. Thor, de son côté, fulminait, crachait des insultes, menaçait de lui faire mordre la poussière.

Ainsi se déroulait cette joute verbale, une danse de mots et d'insultes, une pièce de théâtre surréaliste à l'humour noir, sans vainqueur ni vaincu, juste deux vieux potes qui se chamaillent. Et pendant que ces deux zigotos se balançaient leurs vacheries, le fleuve continuait de couler, indifférent à leur querelle, car après tout, même les dieux ne peuvent stopper le cours de la nature. Alors, pour vous dire, ça finit comme ça, dans un grand éclat de rire et un dernier pied de nez d'Harbard qui, sans un regard en arrière, laisse Thor sur le quai, le laissant mariner dans son jus. Voilà la chansonnette d'Harbard, un hymne à la camaraderie déguisée en combat de coqs.

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