EDDA poétique S1E01 : La Prophétie de la Voyante,

EDDA poétique S1E01 : La Prophétie de la Voyante,

"Faut dire, la vieille, elle avait une vue, un don ! La môme du coin, avec des verbes tranchants comme des couteaux, elle a entonné sa chansonnette, une chanson qui te fait courir un frisson le long du dos, j’te jure. Tout commence dans un silence de mort, avant le chaos, l'avant tout et rien, puis les dieux sortent de leur léthargie pour façonner ce monde-ci, cette fichue terre !

Elle raconte comment les grands mâles, Odin et sa bande, ont décidé de s'occuper du morveux Ymir, ce géant des origines, comment ils l'ont coupé en deux, comme un gigot, pour bâtir l'univers qu'on connaît. Ah, sacrée affaire !

Puis, elle chante les hommes et les femmes, sculptés à partir des troncs d'arbres, encore l'œuvre de nos dieux bricoleurs. On est loin d'un joli conte pour endormir les mioches, hein ? La vie, c'est pas une partie de plaisir.

Et la suite ? C’est le grand bordel, les alliances, les trahisons, les combats et les bains de sang. Les dieux se chamaillent comme des gamins dans une cour de récré. Pauvre Baldr, victime d’une entourloupe tordue par Loki, ce filou ! Le pauvre gosse ne savait pas dans quel merdier il mettait les pieds.

La vieille, elle voit loin, et l'avenir est pas rose. Elle parle d’un crépuscule, de la fin des temps, ce Ragnarök ! Le monde va brûler, les dieux vont tomber, tous les hommes vont clamser. C'est la grande foire à la débandade !

Finalement, après tout ce carnage, une renaissance. Un nouveau monde, les dieux qui ressuscitent et l'humanité qui repousse comme une mauvaise herbe. Une lueur d'espoir au bout du tunnel.

Elle termine sa chanson, la vieille, et moi, j'te jure, je reste cloué là, bouche bée. C'est pas tous les jours qu'on entend une pareille histoire."

 

Ce texte, qui semble être une interprétation contemporaine des mythes nordiques, présente une multitude de thèmes familiers de la philosophie. La référence à la "vieille" semble être une figure de la prophétesse ou de la sagesse ancestrale, celle qui a le don de la vision et qui sait raconter les mythes et les légendes de son peuple.

Il aborde le concept de la création du monde, ou cosmogonie, à travers le mythe de Ymir. Cette histoire de création violente et sanglante démontre l'idée que l'ordre peut surgir du chaos, un thème courant dans de nombreuses mythologies.

L'histoire parle aussi de l'anthropogonie, la création de l'homme et de la femme à partir de troncs d'arbres. C'est une métaphore qui met en avant l'idée que l'humanité est intrinsèquement liée à la nature.

La partie sur les conflits, les trahisons et les combats entre dieux illustre la dimension tragique de l'existence, l'incertitude et le conflit inhérents à la vie, même pour les êtres divins.

Le passage sur le Ragnarök, le crépuscule des dieux, montre une vision apocalyptique du monde, prédisant une fin cataclysmique suivie d'une renaissance. C'est un symbole fort de la mort et de la renaissance, de la destruction suivie de la création, et cela correspond aux cycles de la vie et de la nature.

Enfin, l'effet produit par la chanson de la "vieille" sur le narrateur montre la puissance des mythes et des légendes. Ils ont le pouvoir de nous toucher profondément, de susciter l'émerveillement et la réflexion, et de nous aider à comprendre notre place dans le monde.

 

 

Laissez un commentaire