RUNES 29 : ANSUZ

RUNES 29 : ANSUZ

Il y a des nuits où le sommeil se refuse, où les étoiles semblent plus lointaines, où l'obscurité paraît plus dense. Une de ces nuits a saisi Sven dans ses serres de velours noir, l'entraînant dans un océan de pensées profondes, de réflexions silencieuses, de rêves éveillés.

Un souffle frais glisse dans sa chambre, caressant les rideaux, chuchotant à travers les fentes du bois, portant avec lui un parfum de mer et de mystère. Une sensation étrange s'empare de Sven, une sensation qui dépasse l'entendement, qui défie la logique, qui transcende la réalité. C'est comme si les murs de sa chambre s'évanouissent, les ombres s'effacent, le temps se suspend.

Et alors, dans ce silence absolu, dans cette obscurité totale, une vision apparaît. Des figures lumineuses, des silhouettes majestueuses, des visages familiers et pourtant si étranges. Odin, le père de tout, Thor, le tonnerre, Freyja, la beauté, Heimdall, le gardien. Les dieux, les Ases, les puissants, les immortels, se tiennent devant lui, un panthéon spectral brillant d'une lumière douce et surnaturelle.

Odin, l'œil unique, regarde Sven avec une lueur intense, sa main levée en signe de bénédiction, de protection, de sagesse. Le souffle du dieu, froid comme le vent du nord, chaud comme le feu sacré, atteint Sven, le traverse, l'envahit. Il sent une force nouvelle, une connaissance ancestrale, un lien divin se former en lui.

Il voit les champs de Skjold, non pas comme il les voit tous les jours, mais comme s'il les voyait à travers les yeux d'Odin. Il voit la vie qui palpite sous la terre, la mort qui guette dans les bois, le destin qui se dessine dans les étoiles. Il voit le passé, le présent, l'avenir, tout se mêle, tout se confond, tout se révèle.

Il entend les murmures du vent, les secrets de la mer, les chansons des oiseaux, les laments des morts. Il entend la voix d'Odin, grave et douce, ancienne et éternelle, lui parler d'Ansuz, la rune du souffle, la rune de la connaissance, la rune du dieu.

L'aube perce les ténèbres, la vision s'évanouit, la chambre de Sven revient à la normale. Mais quelque chose a changé, quelque chose s'est éveillé en lui. Il sait maintenant qu'il n'est pas seul, que les dieux sont avec lui, que le souffle d'Odin est en lui.

C'est ainsi que ce chapitre se termine, laissant Sven abasourdi mais illuminé, laissant le village de Skjold endormi mais changeant, laissant les dieux satisfaits mais silencieux. Le voyage de Sven continue, un voyage qui le mènera vers la connaissance, vers la divinité, vers son destin.